L’envie est une passion remuante, une coureuse, qui se tient rarement à la maison ; il n’est point de curieux qui ne soit malveillant.
Les hommes d’une naissance illustre portent presque toujours envie aux hommes nouveaux qu’ils voient s’élever, parce qu’alors la distance où ils étoient d’eux leur semble diminuée.
 Francis Bacon, Essais de morale et de politique (1597). copier la citation

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Auteur Francis Bacon
Œuvre Essais de morale et de politique
Thème passion naissance
Date 1597
Langue Français
Référence
Note Traduit par Antoine de La Salle
Lien web https://fr.wikisource.org/wiki/Essais_de_morale_et_de_politique_(trad._L...

Contexte

“car tous ces mouvemens qu’il se donne pour s’immiscer dans les affaires des autres, n’étant pour lui rien moins qu’un moyen nécessaire pour mieux faire les siennes, il est à croire qu’il trouve du plaisir à considérer si curieusement les affaires des autres, pour remarquer leurs fautes, saisir leurs ridicules, et se faire de ce spectacle une sorte de comédie [1] ; celui qui ne se mêle que de ses propres affaires ayant rarement sujet de porter envie aux autres. L’envie est une passion remuante, une coureuse, qui se tient rarement à la maison ; il n’est point de curieux qui ne soit malveillant. Les hommes d’une naissance illustre portent presque toujours envie aux hommes nouveaux qu’ils voient s’élever, parce qu’alors la distance où ils étoient d’eux leur semble diminuée. C’est une illusion semblable à celle que nous éprouvons quelquefois par rapport aux objets visibles ; par exemple, lorsque d’autres avançant rapidement, nous restons en place, ou avançons plus lentement, il nous semble que nous reculons” source