“ Car le plus dangereux de tous les recels, c’est celui de la faute elle-même dans l’esprit du coupable. La connaissance permanente qu’il a d’elle l’empêche de supposer combien généralement elle est ignorée, combien un mensonge complet serait aisément cru, et, en revanche, de se rendre compte à quel degré de vérité commence pour les autres, dans des paroles qu’il croit innocentes, l’aveu. ”
Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe (1921). copier la citation
| Auteur | Marcel Proust |
|---|---|
| Œuvre | Sodome et Gomorrhe |
| Thème | connaissance mensonge |
| Date | 1921 |
| Langue | Français |
| Référence | |
| Note | |
| Lien web | https://fr.wikisource.org/wiki/Sodome_et_Gomorrhe/Texte_entier |
Contexte
“(ou pour faire à la vérité, par goût, par mesure, par souci de la vraisemblance une part qu’il était seul à juger minime) , il ôtait leurs derniers doutes sur lui aux uns, inspirait leurs premiers à ceux qui n’en avaient pas encore. Car le plus dangereux de tous les recels, c’est celui de la faute elle-même dans l’esprit du coupable. La connaissance permanente qu’il a d’elle l’empêche de supposer combien généralement elle est ignorée, combien un mensonge complet serait aisément cru, et, en revanche, de se rendre compte à quel degré de vérité commence pour les autres, dans des paroles qu’il croit innocentes, l’aveu. Et d’ailleurs il aurait eu de toute façon bien tort de chercher à le taire, car il n’y a pas de vices qui ne trouvent dans le grand monde des appuis complaisants, et l’on a vu bouleverser l’aménagement d’un château pour faire coucher une sœur près de sa sœur dès qu’on eut appris qu’elle ne l’aimait pas qu’en sœur.”
source



